BERIT MAINTIENT, MABBUL CESSE
- Charline Lancel

- 18 juin
- 5 min de lecture
🇬🇧 Gn 9:15 does not link the end of the flood to a covenant. Rather, it describes two simultaneous realities: the maintenance of energetic continuity (berit) and the cessation of the destructive mechanism (mabbul) that destroys all biological life.
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INTRODUCTION
Dans Gn 9:15, berit est présenté comme une continuité maintenue tandis que mabbul est présenté comme un état qui n'est plus actif.
Ces deux propositions sont juxtaposées sans aucun marqueur de causalité.
La continuité énergétique est maintenue par le fonctionnement elohimique du géniteur et la vie biologique n'est plus détruite par mabbul.
L'erreur de lecture consiste à transformer ce parallélisme en relation de cause à effet.
LE FAUX LIEN DE CAUSALITÉ, LA VRAIE CONTINUITÉ
Gn 9:15 appartient à une séquence introduite en Gn 9:8 par la formule va-yomer Elohim, qui ne décrit pas un personnage parlant, mais un énoncé formulé dans le cadre du fonctionnement elohimique.
Les propositions qui suivent doivent donc être lues comme la description d'un fonctionnement et non comme les décisions d'une divinité anthropomorphique.
📜 Gn 9:15
ve-zakharti et-beriti asher beyni u-veynkhem u-veyn kol-nefesh ḥayyah be-khol-basar ve-lo-yihyeh od ha-mayim le-mabbul le-shaḥet kol-basar.
≠ « je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants : les eaux ne se changeront plus en déluge pour détruire tout être de chair. »
Découpage :
📜 ve-zakharti
👉 est maintenue
👉 demeure active
👉 conserve sa continuité
📜 et-beriti
👉 ma continuité de la vie énergétique (berit)
📜 asher beyni
👉 qui est entre le fonctionnement elohimique
📜 u-veynkhem
👉 et vous (Noaḥ et ses fils dans le contexte immédiat)
👉 Le berit relie le fonctionnement elohimique au géniteur elohimique qui porte la continuité de la vie énergétique.
📜 u-veyn kol-nefesh ḥayyah
👉 et tout vivant biologique
📜 be-khol-basar
👉 dans toute chair
📜 ve-lo-yihyeh od ha-mayim
👉 et mayim n'est plus dans l'état
📜 le-mabbul
👉 d'un mécanisme de submersion
📜 le-shaḥet kol-basar
👉 qui détruit toute chair
COMMENT NAÎT LA FAUSSE INTERPRÉTATION
L'idée selon laquelle le déluge ne se reproduira plus grâce à une alliance résulte de trois glissements successifs qui finissent par fabriquer un lien de causalité absent du texte.
1) PREMIER GLISSEMENT : ve-zakharti → « je me souviendrai »
📜 ve-zakharti et-beriti
est traditionnellement traduit :
📖 « Je me souviendrai de mon alliance. »
Le lecteur imagine alors immédiatement :
👉 un sujet conscient ;
👉 qui prend une décision ;
👉 qui se rappelle quelque chose qu'il risquait d'oublier.
Le verbe zakhar devient ainsi un acte psychologique.
Or dans cette lecture :
📜 zakhar
→ maintenir en continu
→ maintenir actif
→ maintenir la continuité
On passe donc :
❌ d'une mémoire psychologique
à
✔ un maintien fonctionnel.
2) DEUXIÈME GLISSEMENT : berit → promesse ou contrat moral
Une fois le verbe traduit par :
« Je me souviendrai »
le mot :
📜 berit
est automatiquement compris comme :
👉 un pacte ;
👉 une promesse ;
👉 un engagement juridique.
Le lecteur comprend alors :
« Dieu se rappellera sa promesse. »
Or le texte ne contient aucun verbe signifiant :
📜 promettre
📜 jurer
📜 s'engager
Le seul verbe présent dans la phrase est :
📜 ve-zakharti
3) TROISIÈME GLISSEMENT : LE FAUX LIEN DE CAUSALITÉ
Le texte enchaîne :
📜 ve-zakharti et-beriti
puis :
📜 ve-lo-yihyeh od ha-mayim le-mabbul le-shaḥet kol-basar.
La traduction traditionnelle conduit spontanément à comprendre :
« Je me souviens de mon alliance, donc je n'enverrai plus de déluge. »
Le lecteur relie automatiquement les deux propositions :
👉 Dieu se souvient ;
donc
👉 Dieu décide de ne plus envoyer de déluge.
📌 L'ERREUR PRÉCISE
Pourtant, le texte n'utilise aucun marqueur de causalité.
On ne trouve ni :
📜 ki
→ parce que
📜 ya‘an
→ en raison de
📜 lema‘an
→ afin que
entre les deux propositions.
Le texte juxtapose simplement :
📜 le maintien de berit
et
📜 l'absence de retour de mayim sous forme de mabbul.
📌 CE QUE LE LECTEUR AJOUTE SANS S'EN RENDRE COMPTE
Le lecteur ajoute mentalement :
« Parce que je me souviens de mon alliance, je n'enverrai plus de déluge. »
Mais cette causalité n'est jamais formulée dans le texte.
Elle est importée depuis l'interprétation théologique.
POURQUOI LE TEXTE RAPPROCHE-T-IL ALORS CES DEUX IDÉES ?
Détruire la lecture traditionnelle ne suffit pas.
Il faut également expliquer pourquoi le texte rapproche précisément ces deux propositions.
Le verset juxtapose :
📜 ve-zakharti et-beriti
👉 est maintenue la continuité de la vie énergétique
et
📜 ve-lo-yihyeh od ha-mayim le-mabbul le-shaḥet kol-basar
👉 mayim n'est plus dans l'état qui détruit toute chair.
La question devient alors :
👉 quel est le point commun entre berit et l'absence de destruction de kol-basar ?
Dans cette lecture fonctionnelle :
📜 berit
👉 continuité de la vie énergétique
📜 kol-basar
👉 support biologique de cette vie énergétique
Autrement dit :
👉 la continuité de la vie énergétique ne peut exister que si les corps biologiques existent encore.
Le verset met ainsi en tension les deux dimensions du vivant :
📜 berit
👉 continuité de la vie énergétique
📜 kol-basar
👉 continuité de la vie biologique
Ce n'est donc plus :
❌ « Dieu promet de ne plus envoyer de déluge. »
mais :
✔ « Les conditions permettant la continuité du vivant sont à nouveau réunies. »
Dans cette lecture, le déluge n'est pas une punition morale.
Le déluge est l'événement qui a interrompu la continuité biologique.
Le verset constate alors :
👉 la continuité énergétique est maintenue ;
👉 le mécanisme qui détruisait les corps biologiques n'est plus actif.
Le verset pourrait alors être reformulé ainsi :
📖 « Est maintenue la continuité de la vie énergétique entre le fonctionnement elohimique, vous et tout vivant biologique dans toute chair ; mayim n'est plus dans l'état qui détruit toute chair. »
Il est important de remarquer que le verset ne s'arrête pas à berit.
Il se termine par :
📜 kol-basar
👉 toute chair.
Le début du verset concerne donc la continuité énergétique.
La fin du verset concerne la continuité biologique.
On obtient ainsi un parallélisme remarquable :
📜 ve-zakharti et-beriti
👉 est maintenue la vie énergétique
//
📜 ve-lo-yihyeh od ha-mayim le-mabbul le-shaḥet kol-basar
👉 n'est plus détruite la vie biologique
Il ne s'agit donc pas d'un lien de cause à effet.
Il s'agit de deux conditions complémentaires de continuité du vivant.
👉 Le système redevient compatible avec la continuité simultanée de la vie énergétique (berit) et de la vie biologique (kol-basar).
C'est précisément ce qui explique la juxtaposition de ces deux propositions : le verset ne relie pas une promesse à l'absence de déluge ; il réunit les deux conditions nécessaires à la continuité complète du vivant.
POUR ALLER PLUS LOIN
Si berit ne désigne pas ici une promesse empêchant le retour du déluge, il reste à comprendre ce que recouvre précisément ce terme dans le récit.
L'analyse de Gn 9:15 montre déjà que berit est associé à une continuité maintenue entre le fonctionnement elohimique, le géniteur elohimique et le vivant biologique.
Cette définition peut être approfondie à partir de l'étude du berit de la circoncision, où la continuité de la vie énergétique devient l'enjeu central du texte.
👉 Voir l'article : « L'ALLIANCE ».
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